Revaloriser les enseignants et augmenter le pouvoir d’achat

La pauvreté, voilà, l’ennemi qui frappe malheureusement de nombreuses familles et par conséquent les plus fragiles d’entre nous : les enfants. Pour les sortir de cette situation, il faudrait que les parents disposent de moyens pour pourvoir aux attentes de ces générations qui ne sont plus futurs, car bien présentes. Un livre a défrayé la chronique ces derniers temps, chargé encore une fois de rumeurs d’Orléans. Si son auteur paraît vouloir utiliser l’émotion pour prospérer, il nous faut redire ici que l’enfance doit être protégée et que l’éducation n’est qu’amour et rien d’autre. Nous constatons d’ailleurs que le désamour est grand aujourd’hui entre les enseignants et le ministre de l’éducation nationale. Le fossé a été creusé par un gouvernement plus soucieux d’annonces et d’une politique éducative bâclée, que de se placer véritablement à l’écoute du corps enseignant. Ce n’est pas l’augmentation de 20 euros par mois, concédée sous la forme d’une revalorisation déjà programmée sous François Hollande -et malheureusement reportée-, qui redonnera du baume au cœur des enseignants.

Si le macronisme se fait moins péremptoire et moins provocateur, échaudé qu’il a été par les gilets jaunes, sa politique continue cependant à creuser les fossés et à entretenir les inégalités. C’est un sujet qui nous alarme. Nous ne sommes pas les seuls à constater un lien entre inégalités sociales et inégalités scolaires. L’école doit être un moteur, même si elle ne règlera pas à elle seule les maux qui gangrènent notre société fragmentée, individualiste, bousculée par les frilosités de l’Etat et les incertitudes : celles du quotidien, celles de la précarité, celles de la confrontation toujours vives entre les riches (toujours plus riches) et les pauvres (toujours plus pauvres).

A chaque rentrée, le gouvernement agite une avalanche de projets qui masquent un grand flou sur les ambitions collectives et les moyens mis en œuvres pour les atteindre. On attendait la réforme des retraites, il y aura recul et manœuvres en coulisses. On annonce pour l’école de nouveaux programmes, de nouveaux cycles, de nouveaux parcours, un nouveau départ… Tout ceci sonne comme des incantations et comme un affichage destiné à engourdir les esprits. Nous voici revenu au temps de Sarkozy, qui croyait que dire c’est faire ! Il pensait que la parole politique était performative par la rapidité et l’embrouillamini.

Nous, nous pensons aux véritables changements pour l’école et pour nos enfants. Ils tiennent à deux choses : la revalorisation de la fonction enseignante et la revalorisation de la cohésion sociale. La première requiert une véritable augmentation des salaires des enseignants et une écoute de ce qu’ils ont à dire à travers leurs organisations syndicales ; et la deuxième concerne la lutte contre la misère par l’augmentation du pouvoir d’achat des ménages. Tout le reste n’est que fumigène et pénible distraction qui participent à l’exaspération de nos concitoyens.

Bernadette EBODE
Maire-adjointe
Petite enfance – Protection maternelle et infantile – Planning familial

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