Le projet de François Hollande pour 2012

Le projet de François Hollande est enfin connu, il sera désormais possible de discuter et de débattre sur des bases claires avec nos concitoyens.  Car après la réflexion vient l’action.

Et ce projet à tout d’une grande idée pour la France. Il remet en avant les thèmes si longtemps foulés au pied par l’actuelle majorité : équité, intégration, justice, service public pour ne citer qu’eux. Petit tour d’horizon non exhaustif de ces mesures, qui, si les électeurs nous en donne l’opportunité, redonnerons enfin à la France ses lettres de noblesses aujourd’hui enfouies sous des années de populisme et d’approximations.

Redresser l’économie française et enfin enclencher une dynamique positive en termes de croissance et d’emploi.

Parce que bien des aspects de la vie politique et sociale y sont liés, il est en premier lieu primordial de redresser l’économie de notre pays. Et soyons réalistes, ce n’est pas sur le coût du travail qu’il convient de lutter désormais comme semble s’entêter à le penser l’actuel locataire de l’Elysée.

Non la France doit pouvoir jouer avec ses propres cartes : l’innovation, le savoir faire, la qualité de sa main d’œuvre et de ses infrastructures publiques.  C’est pourquoi les propositions de François Hollande qui visent notamment à soutenir les PME (création d’une banque publique d’investissement pour les accompagner, rééquilibrage de la fiscalité des entreprises en leur faveur) ne peuvent être que saluées.  De même l’objectif de couvrir l’ensemble du territoire national en très haut débit permettra d’instaurer un cadre idéal pour l’émergence ou l’installation de PME innovantes.

Ces mesures et la croissance économiques qu’elles entraineront doivent enclencher une véritable dynamique positive de l’emploi en France. Toutefois, vu l’état dans lequel se trouve celui-ci aujourd’hui, suite aux brillantes idées de la majorité actuelle, et le temps que les mesures socialistes soient effectives, il est primordial de soutenir l’emploi. Ainsi la mise en place de 150 000 emplois d’avenir et des contrats de génération permettra à de nombreux jeunes d’acquérir une première expérience qui apparait aujourd’hui pour beaucoup comme un horizon indépassable.

Remettre au goût du jour un « modèle français » qu’ils ont voulu renier

« La France se nomme diversité » clamait à raison Fernand Braudel, l’un des plus grands historiens français.  En divisant les français, et les montant les uns contre les autres, c’est ce qu’à voulu nous faire oublier Nicolas Sarkozy.

En privilégiant l’intégration et la mixité sociale (lutte à tous les niveaux contre le « délit de faciès », augmentation à 25% du taux de logement social dans toutes les communes de France, opérations de renouvellement urbain et développement des services publics dans les banlieues ostracisées) François Hollande entend réconcilier entre eux  les français mais aussi avec les valeurs qui ont guidé leur Histoire.  La même volonté sous-tend l’engagement d’inscrire la loi de 1905 dans la Constitution et de voter une loi pour imposer l’égalité Homme-Femme au niveau professionnel.

Et que dire des services publics dans notre pays. Alors qu’ils étaient un des fers de lance de la qualité de vie en France, le gouvernement n’a eu de cesse de les diminuer et de les présenter comme un frein pour notre pays. Il est désormais temps de leur redonner l’éclat qu’ils méritent, à commencer par l’école.

En effet dans tout pays l’éducation doit être une priorité. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’augmentation du niveau d’étude est directement corrélée à l’avancée de la démocratie. Avec l’augmentation conséquente du nombre d’enseignants, l’aide accordée aux étudiants selon leurs ressources et l’abrogation de la circulaire sur les étudiants étrangers, François Hollande a décidé d’investir massivement dans l’avenir de la France.

Il en va de même des mesures visant à créer 1000 emplois par an dans la police, la gendarmerie et la justice, à garantir le caractère public des entreprises majoritairement détenues par l’Etat (EDF, SNCF et La Poste en tête) et bien sûr l’abandon du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui a fait tant de mal à la France.

Utiliser l’outil fiscal pour prôner l’équité sociale

« Les Français ont la passion de l’égalité ». Ce trait de caractère français, souligné par Alexis de Tocqueville dès le 19e siècle, semble avoir été oublié par Nicolas Sarkozy.  Les cinq dernières années ont en effet vu le pouvoir politique devenir le vassal des plus riches au détriment du reste de la population.

La France a donc besoin d’une nouvelle nuit du 4 août, d’une nouvelle abolition des privilèges et  François Hollande lui en donne les moyens : abolition du bouclier fiscal, nouvelle tranche à 45% pour les revenus supérieurs à 150.000 euros, abaissement du plafond du quotient familial pour les 5% des ménages les plus aisés et relèvement de l’impôt sur la fortune pour les plus gros patrimoines, pour ne citer que les principales mesures.

On sait que les plus riches sont extrêmement doués pour éviter de payer des impôts, ils n’ont pas besoin d’un coup de pouce du pouvoir. Gageons que les mesures du candidat socialiste permettront enfin de répartir l’effort fiscal équitablement, c’est-à-dire sur l’ensemble de la population et selon les moyens de chacun. C’est en effet la base de la fiscalité. Nicolas Sarkozy qui aime tant citer notre constitution devrait lire plus attentivement la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, et plus particulièrement son article 13 : « Une contribution commune est indispensable. Elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés. »

Ces mesures auront pour effet d’augmenter les recettes de l’Etat de 29 milliards d’euros  soit un tiers de plus que ce que couteront les mesures « dépensières » (20 milliards d’euros). Ceci permettra  enfin de combler une partie de la dette française, cette dette qu’a augmentée Nicolas Sarkozy  de 500 milliards, et ce sans attendre le retour de la croissance.

La Gauche est une force de progrès, et sait s’en rappeler.

La Gauche se définit d’abord par sa vision progressiste de la société. Comme le soulignait si bien Robert Badinter lors de son discours pour l’abolition de la peine de mort en France : « Quand je dis Gauche, comprenez moi, j’entends forces de changement, forces de progrès, parfois forces de révolution, celles qui, en tout cas, font avancer l’histoire »

Il est aujourd’hui temps de faire sursauter l’Histoire de France, ce pays qui a oublié son rôle dans le monde. Car pour paraphraser une fois de plus Robert Badinter : « La France est grande, non seulement par sa puissance, mais au-delà de sa puissance, par l’éclat des idées, des causes, de la générosité qui l’ont emporté aux moments privilégiés de son histoire. »

C’est donc avec l’enthousiasme de ceux qui voient l’histoire s’écrire, qu’il faut accueillir les propositions de François Hollande pour bousculer la société : Droit au mariage et à l’adoption pour les couples du même sexe !  Droit de vote des étrangers aux élections locales !

C’est également avec soulagement pour notre démocratie, que nous envisageons désormais  le non cumul des mandats et l’introduction d’une part de proportionnelle aux élections législatives.

C’est enfin avec l’œil rivé sur l’avenir de notre planète que nous attendons que soient au plus vite adoptées les mesures visant à instaurer une taxation aux frontières de l’Europe pour les produits ne respectant pas nos normes écologiques (à défaut d’imposer, il est parfois plus efficace d’inciter). Il en est de même de la réduction de 75% à 50% de la part du nucléaire dans la production d’électricité en France d’ici 25 ans. Si le nucléaire est en effet aujourd’hui essentiel pour la France, il ne peut être une solution définitive et doit laisser progressivement la place aux énergies propres.

Le projet du candidat socialiste est donc avant tout un projet de changement qui tranche de manière claire et sans équivoque avec ce qu’a pu être le gouvernement de la France depuis 10 ans.  Toutes ces mesures, comme toutes les vraies propositions, peuvent faire l’objet de critiques et même de rejets. Tant mieux !

Discutons ! Débattons ! Proposons ! Mais ne rendons jamais les armes pour améliorer la société d’aujourd’hui et de demain.

Aux urnes citoyens !

Y.B.

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